Nous avons récemment appris que la société SAS MEP (Matériaux et Enrobés du Pastel) créée pour l’installation de la centrale d’enrobage bitumineux à chaud de matériaux routiers de Montans, avec comme actionnaire LACLAU TP et le groupe NGE attaquerait la communauté d’agglomération Gaillac-Graulhet (CAGG) pour forcer la vente du terrain à la ZAC Garrigue Longue.
Plusieurs recours en justice ont été déposés par les habitants des communes potentiellement victimes du projet contre le Permis de construire », le Permis d'exploiter et les 2 délibérations qui permettraient la vente du terrain. Ils sont toujours en instruction. Une enquête menée par le parquet financier de Toulouse est aussi en cours pour éclaircir un possible conflit d'intérêt entre les porteurs de projet et le président de la CAGG (communauté d'agglomération Gaillac- Graulhet). Dans cette affaire Paul Salvador est mis en examen pour prise illégale d’intérêts et les frères Laclau pour trafic d’influence. L’enquête est à notre connaissance toujours en cours et nous ne connaissons pas la date du jugement.
Or, jeudi 27 février, pour un projet d’aménagement dans lequel nous pourrions trouver quelques similarités, la Justice a rendu ses conclusions : le projet d’autoroute A69 ne répond pas à une raison impérative d’intérêt publique majeur. L’autorisation environnementale est annulée.
Nous saluons une Justice qui prend la mesure de son époque. Le dérèglement climatique et les catastrophes qui l’accompagnent nous imposent de penser l’aménagement du territoire avec responsabilité. Construire de nouvelles autoroutes, augmenter la circulation de poids lourds, bâtir de nouvelles usines à bitume dans le pays européen qui en compte le plus ne sont ni la seule option ni le seul horizon.
Cet aménagement du territoire appartient à un autre âge. Aujourd’hui, il fait partie du problème, non de la solution. Ne restons pas enfermés dans le passé, regardons le futur avec conscience, sérénité et enthousiasme.
Ce qui vaut pour la vallée du Girou, entre Castres et Toulouse, vaut aussi pour notre territoire. Une usine de bitume dans le Gaillacois ne répond à aucune nécessité d’intérêt public. Elle polluera le sol de nos potagers et de nos terres agricoles, elle polluera notre air. Elle participera à transformer notre territoire rural et viticole en une voie de transit pour poids lourds.
Pourquoi la SAS MEP voudrait- elle forcer la vente du terrain alors que les recours ne sont toujours pas jugés et qu’une enquête pénale est en cours ? Les requérants cherchent-ils à mettre la Justice, tout un territoire et ses habitants devant le fait accompli ? A Montans, aussi, il est urgent de ne pas se précipiter pour un aménagement du territoire non nécessaire, qui amènera son lot de dégâts et qui ne répondra pas aux attentes des habitants du territoire.
Nous demandons à l’ensemble des élus de se prononcer clairement contre ce projet de centrale à enrobés bitumineux.
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